Copyright © 2010 Road to Jacksonville
Webmaster : Patrice GROS
Tous droits reservés.
Design par Zion pour Kitgrafik.com

Entrevue Mainstreet/Laurent SALORT, juillet 2010.
(Y. Philippot-Degand)

Bonjour Laurent,

Toute l'équipe de RTJ te remercie de nous répondre, plus de trois ans après la dernière interview parue dans RTJ, à l'occasion cette fois de la sortie du nouvel album de Mainstreet,
"Once Upon The Time… … In The South"
.

Bonjour à tous et merci à toi de nous offrir cet espace d’expression.

Mainstreet occupe une place un peu à part dans le paysage du rock sudiste français, puisque jusqu'ici, en plus du rock sudiste, le groupe exprimait clairement ses penchants pour la musique country, penchants qu'on retrouve assez peu chez les autres groupes sudistes de la scène française. Avec la parution de cet album, "Once Upon The Time… … In The South", quatre ans après "The Last Cowboy", on peut se demander si, en fait, Mainstreet n'est pas devenu le groupe de country qui exprime le plus clairement ses penchants pour le rock sudiste.
Peux-tu nous parler de cette évolution?

Historiquement, Mainstreet n’a jamais eu d’étiquette particulière. Depuis 1991 que le groupe existe, nous sommes passés du Blues / Blues rock au style actuel en fonction des différents musiciens qui ont composé et influencé le groupe. Ce qui est sûr, c’est que le rock sudiste a toujours été là, dès le début, en plus ou moins grande quantité dans le répertoire. Aujourd’hui, comme toujours, nous fonctionnons
en fonction de coups de cœur sur tel ou tel morceau, et s’il est vrai qu’actuellement le répertoire « sonne » country, on peut largement y ajouter le qualificatif « rock ».
Quand à moi je trouve que la frontière entre notre style actuel et le Rock Sudiste est très mince.
Enfin, n’oublions pas que l’association qui gère Mainstreet s’appelle « Freebird Friends ».

A l'heure actuelle, on ne peut guère vous comparer à des groupes de country plus traditionnels, avec pedal steel et violon, comme le General Store breton (non, pas les Sudistes de Bordeaux!). Vous restez encore très électriques, et sur le disque, on relève quelques noms synonymes de
new country assez proche du rock sudiste. Peux-tu expliquer aux lecteurs de RTJ l'orientation musicale actuelle du groupe?

C’est exactement ce que je voulais dire dans la question précédente. Nous tenons absolument
à nous situer en marge des groupes de country traditionnels qui produisent une musique, on va dire
« plus calme », comme nous en avons croisé énormément dans les nombreux festivals où nous nous sommes produits. Nous, on fait du Rock, on aime les guitares saturées, et on assume !
Tu serais surpris du retour des gens qui viennent nous voir en concert et qui nous confient avoir
apprécié l’alternative que nous leur proposons avec une musique plus fraîche, plus actuelle et sur laquelle ils ont pu s’exprimer et se retrouver. Le terme de « New Country » est très approprié,
et, effectivement, il est très proche du Rock Sudiste.

Cette évolution s'est étalée sur quatre ans, et on remarque en parallèle une composition
différente du groupe : l'autre Laurent, le guitariste, n'est plus là, et n'a pas été remplacé,
alors qu'au poste de bassiste, on observe l'apparition d'une nouvelle tête, Olivier Scatena.
Peux-tu nous expliquer la dynamique qui a conduit à cette nouvelle formation?

Laurent Haid et Rémi Leborgne ont quitté le groupe pour des raisons personnelles. Olivier Scatena
est un excellent bassiste doublé d’un formidable « Show man ». Nous nous connaissons depuis longtemps et il a tout naturellement intégré le groupe dès le départ de Rémi. Quand à Laurent,
son départ nous a un peu perturbés. Nous en avons alors discuté tous ensemble, et avons décidé de continuer l’aventure avec « seulement » deux guitaristes, en espérant, sans succès jusqu’ici, intégrer
un instrumentiste différent (piano, violon, etc. …) pour donner une couleur supplémentaire
à notre musique.

Vous vous produisez beaucoup lors de rassemblements de musique country, musique
qui a le vent en poupe en ce moment, doit-on considérer que la page rock sudiste est
désormais tournée et que vous allez de plus en plus vous diriger vers le répertoire
qui convient à la danse en ligne?

Non, le Rock Sudiste est, et sera toujours présent dans notre répertoire. Nous y avons toujours des titres de Lynyrd Skynyrd, Marshal Tucker Band et autres « Bands » sudistes que nous jouons à chaque concert. Nous avons simplement dû faire une sélection de morceaux pour le CD et j’invite l’ensemble
de vos lecteurs à venir nous voir en live pour s’en rendre compte. Quand à la danse en ligne, il est vrai qu’elle rythme nos prestations depuis quelques années. Nous travaillons avec des clubs de danse
de la région à qui nous proposons notre répertoire et qui se chargent de trouver les « lines »
qui vont dessus, et même sur du Lynyrd, ça le fait vraiment bien !

Contrairement à "The Last Cowboy", qualifié de "démo" sur sa jaquette, votre nouvel album n'hérite pas du qualificatif, et la pochette soignée et cartonnée indique un souci du détail
et des moyens plus importants. Mainstreet a-t-il enregistré là son premier "vrai album"?

Tout à fait, nous avons décidé cette année d’investir dans un produit fini du début à la fin. ça a été
un sacrifice pour nous car nous l’avons entièrement financé sur nos fonds propres et nous comptons
sur tous pour nous aider en achetant l’album disponible exclusivement sur www.mainstreet.fr .

Vous avez changé de lieu d'enregistrement, cela correspond-il aussi à ce changement de statut pour l'album?

Nous avons enregistré et mixé à Fréjus au « Cox in Hell Studio » chez Sébastien Gros qui a fait un travail formidable en peu de temps. Le mastering a été fait aux États-Unis car nous souhaitions vraiment une couleur particulière pour cet album. La pochette a été créée par mes soins
et le pressage a été fait dans le Sud-Ouest.

Comment s'est effectué le choix des titres ? Vos productions scéniques en sont-elles la base?

Oui tout à fait, nous avons essayé de choisir les titres pour qu’ils soient représentatifs de notre répertoire actuel et, même si cet album est destiné à la vente, il doit aussi nous servir pour démarcher nos futurs concerts et doit donc montrer, en neuf titres, tout ce que nous pouvons faire.

Es-tu satisfait du résultat final? Et les autres membres du groupe?

Oui, nous sommes très satisfaits du résultat final, bien sûr on peut toujours faire plus et mieux,
mais c’est un budget différent.

Avez-vous enregistré d'autres titres que ceux qui sont sur l'album?

Non, comme je l’ai expliqué plus haut, nous étions limités en terme de budget et comme tu le sais,
en studio, le temps c’est de l’argent …

Pour ceux qui ne vous auraient jamais vus sur scène, live ou via des vidéos sur des sites spécialisés, comment vous partagez-vous le boulot, toi et Olivier Turq, l'autre chanteur du groupe?

Avec Olivier nous nous connaissons depuis plus de 20 ans, nous sommes amis. Nous chantons à peu près la moitié du répertoire chacun, quand lui est en « lead » je fais les chœurs et quand c’est moi
qui suis en « lead » c’est lui qui fait les chœurs. Il y a aussi des titres que nous chantons en duo
et d’autres, de « Big And Rich » que je vous invite à découvrir, où nous chantons en chœur.

A propos d'Olivier, il a enregistré les parties d'harmonica de l'album.
Peux-tu me dire pourquoi il n'en est pas crédité sur la pochette? Un oubli?

Le minimalisme était une volonté sur la pochette, nous avons préféré nous en tenir aux instruments principaux. Sinon, nous aurions pu aussi citer David au banjo, « Lap Steel » et Dobro, Lionel et Xavier aux chœurs, moi à la guimbarde et « Scat » aux bruits étranges et venus d’ailleurs.

Pensez-vous un jour prochain enregistrer d'autres morceaux que des reprises?
Avez-vous déjà commencé à composer?

Nous manquons terriblement de temps. Nous enchainons les répétitions et les concerts tout au long
de l’année et il ne faut pas oublier que nous avons tous un emploi à côté. Donc, le peu de temps
qu’il nous reste, nous le consacrons à nos familles et j’en profite au passage pour les embrasser
et les remercier de leur patience.

Le Marshall Tucker Band semble le seul point commun dans les répertoires de vos deux derniers enregistrements. Une grosse influence pour Mainstreet ou le hasard des choix des titres à enregistrer?

Marshall a toujours été très présent dans notre répertoire. C’est un groupe qu’Olivier apprécie tout particulièrement. Nous avons à l’heure actuelle quatre de leurs titres au répertoire et il était donc normal que dans un souci de représentativité, le groupe soit présent sur les 2 enregistrements.

Autre influence qui semble, elle, avoir disparu, celle de Little Texas dont vous aviez quand même enregistré deux titres sur le précédent opus. Est-ce ponctuel? Cette influence est-elle toujours présente sur scène?

Non non, ils sont toujours présents au répertoire, seulement il a fallu faire un choix dans les titres.

Aujourd'hui, quels sont les artistes qui influencent le plus le Mainstreet actuel?

Nous avons déjà cité Lynyrd Skynyrd et Marshal Tucker Band, Little Texas et Big and Rich,
nous pouvons rajouter Jason Aldean, Keith Urban et Toby Keith. Mais la liste n’est pas exhaustive.

Sur "The Last Cowboy", vous terminiez l'album par deux morceaux de Lynyrd Skynyrd,
assez peu repris en plus, ce qui est toujours intéressant. Cette fois-ci, vous n'avez pas
trouvé de morceau assez country dans leur répertoire ?

Je ne voudrais pas qu’il y ait de méprise, nous ne choisissons pas les titres en fonction de leur caractéristique plus ou moins « country », c’est avant tout une question de feeling : si un morceau
nous plait, on le travaille. Quoi qu’il en soit, Mainstreet est, et sera toujours, un groupe de rock
à très forte connotation sudiste puisque c’est la musique qui nous correspond le mieux. Notre but
est de faire apprécier notre musique par le plus grand nombre, sans compromis,
et je dois dire que jusqu’ici nous ne nous en sortons pas trop mal.

"Once Upon The Time… … In The South" se termine lui aussi par deux morceaux plutôt forts,
au point où cela pourra dérouter les fans de country plus... mainstreet, une tradition
chez vous de terminer en trombe?

Mainstreet c’est exactement ça ! Du Rock, des guitares, des voix et une assise rythmique hyper présente. Et tu peux me croire, les fans de country ne sont pas déroutés, bien au contraire,
ils sont ravis qu’on leur propose quelque chose de différent de ce qu’ils ont l’habitude de voir.

Que pensez-vous de l'évolution des conditions actuelles offertes en France aux musiciens
de rock et de toutes les musiques électriques à la base du rock ou qui en dérivent?

J’ai un peu de mal à me prononcer, n’étant pas directement concerné. J’ai beaucoup d’amis, pas spécialement dans le Rock, qui sont intermittents du spectacle et pour qui ça devient de plus en plus dur. Je trouve cela assez regrettable car c’est, à terme, notre culture qui va en pâtir. Pour nous
c‘est différent, nous avons fait le choix de travailler à côté et de vivre la musique comme une passion.
La seule chose à laquelle nous veillons tout particulièrement, c’est de ne pas nuire au travail des professionnels, en cassant les prix par exemple comme certains peuvent le faire.

Pour terminer, la question traditionnelle de RTJ : quelles sont les cinq reprises que tu aurais aussi aimé voir sur une version étendue de l'album, en plus des 9 morceaux actuels ?

Avant de te répondre, je voudrais saluer tous tes lecteurs, te remercier encore une fois
et souhaiter une longue vie à RTJ.


Merci de tes voeux de longue vie, et nous espérons qu'à l'issue de cette agréable entrevue, de nombreux lecteurs de RTJ vont se précipiter sur le site de Mainstreet pour acheter votre album.